mardi, octobre 17, 2017

«J’aurais bien voulu avoir un vrai frangin comme toi»

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Lundi 30 mars, la Fanfare de Mont-sur-Rolle a pris congé de François Gaillard lors d’une cérémonie funèbre célébrée en l’Eglise de Mont-sur-Rolle. A cette occasion, un magnifique hommage à François lui a été rendu par son ami Franck Basset.

Voici cette lettre lue lors de la cérémonie:

Cher François, mon ami, mon frère, tu nous quittes comme tu l’as souvent fait  : quand on s’y attendait le moins. Oui car lors de certaines soirées, lorsque que tu étais fatigué, tu savais déjà t’éclipser sans qu’on s’en rende compte.

Mais cette fois-ci il ne nous restera plus que les souvenirs. On entendra toujours ta voix résonner dans nos cœurs, tes blagues et tes jeux de mots ainsi que les souvenirs de ta gentillesse, ta bonté et ta générosité.

Tu étais une grande personne sur qui on pouvait compter, toujours à l’écoute.

Même si toi aussi de ton côté tu avais des soucis, tu ne le montrais pas et tu trouvais toujours une solution pour nous tous, et nous t’en resterons redevable.

François, mon ami, nous nous sommes rencontrés le 4 mai 1990. J’habitais au port à Rolle et Stéphane mon fils, qui s’était échappé du jardin se trouvait sur le parking quand vous êtes arrivés Mimi et toi. Vous avez récupéré ce petit blond en cherchant ses parents, c’était le début d’une longue amitié.

Puis en1992, je t’ai rejoint au sauvetage, tu étais alors chef du matériel. Au vu de mon temps disponible ainsi que du tien, nous étions souvent ensemble pour la société de sauvetage, et le sommes restés longtemps en tant que membre ou au sein même du comité.

Nous avons passé plusieurs fois nos vacances en famille à naviguer sur le lac. Nous allions pêcher très souvent ensemble lors d’ouvertures de pêches mémorables, quand bien sûr tu n’avais pas de séminaires de musique, car la musique tenait aussi une grande place dans ta vie.

Et puis le 3 juin 1992, Mimi et toi êtes venus à la maison pour me demander si je voulais bien être ton chef d’équipe à la vigne. Je t’avais répondu que je n’y connaissais rien à la vigne et toi tout souriant, avec un air narquois, tu m’avais juste répondu que ce n’était pas grave, que tu allais m’apprendre …. Alors je t’ai suivi.

En 23 ans de vendanges chez toi, tu avais raison, j’ai beaucoup appris à travailler à la vigne. On a eu l’occasion de faire beaucoup de choses et de faire rire beaucoup de monde, le soir, au pressoir, avec nos petites bagarres de gamins, et les gens disaient, regarde les deux frangins… ils sont inséparables.  

J’étais fier et aurais bien voulu avoir un vrai frangin comme toi! Au vu de votre gratitude auprès des équipes de vendangeurs, je voulais rentrer au plus vite la vendange, et tu avais beau m’expliquer qu’il fallait que je me calme, de ne pas bourrer l’équipe à couper plus vite, que le pressoir ne pouvait pas aller plus vite, rien n’y faisait, au point que c’en est devenu un jeu entre nous au fil des années, et tu trouvais d’autres moyens pour me calmer, et tu finissais toujours par y arriver.

Durant toutes ces années de vendanges, tu as toujours su être à la hauteur. Tu connaissais très bien ton métier, et tu as su transmettre avec passion tes connaissances, tu as même transmis le virus à ton fils Raphaël qui travaille avec toi.

Je te qualifierais donc de la sorte:
F = comme fort de caractère, franc
R = comme robuste, réconfortant
A = comme aimant, aimable, amitié
N = comme naturel, nautonier (qui sait conduire la barque)
C = comme correct, connaisseur, a le cœur sur la main
O = comme ouvert, obstiné, organisé, organisateur
I  = comme imbattable intelligent, immuable, impliqué
S = comme secouriste, sécurisant, sérieux.   

Mon grand ami, repose en paix. Tu vas nous manquer mais tu nous laisses beaucoup de très agréables moments passés en ta compagnie.    

Frank